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 Les Détails 

Cette œuvre s’inscrit dans une série fondée sur un principe : l’agrandissement très important d’un détail de puzzle. Par ce changement d’échelle, le puzzle perd immédiatement son statut figuratif évident. Ce qui, à l’origine, participait à la construction lisible d’une image reconnaissable devient ici un champ visuel autonome, où la référence initiale se dissout au profit d’une expérience plastique.

Le Dard Rouge, 2015, Matériaux divers (Bois, pièces de puzzle), 53 x 52.6 x 4.5 cm.

L’agrandissement agit comme un révélateur et un brouilleur à la fois. Les contours des pièces, leurs couleurs, leurs micro-variations deviennent dominants, tandis que le motif d’origine disparaît. Le regard ne cherche plus à « reconstituer » une image connue, mais se confronte à une surface fragmentée, dense, presque topographique. Le puzzle bascule ainsi dans un statut abstrait, sans pour autant rompre totalement avec le figuratif.

C’est précisément dans cette zone d’incertitude que l’œuvre trouve sa tension principale : figuratif ou abstrait ? La frontière est ténue. Par moments, certaines formes semblent s’incarner en figures que l’on croit pouvoir nommer — une coulée, une tige, une zone organique, une trace. Ailleurs, la composition se dérobe à toute identification et propose des énigmes indéchiffrables, où seules subsistent des relations de couleurs, de rythmes et de matières. L’image oscille sans cesse entre reconnaissance et perte de repères.

Comme dans le reste de la série, les pièces de puzzle sont superposées, à l’opposé de leur mode habituel de positionnement. Cette superposition rompt la logique fonctionnelle du puzzle, fondée sur l’ajustement parfait et la planéité. Elle introduit une épaisseur visuelle et conceptuelle : le puzzle n’est plus un système de résolution, mais un matériau accumulé, stratifié, presque géologique.

Cette accumulation renforce l’idée d’un monde fragmenté, où le sens n’est jamais donné d’emblée mais doit être négocié par le regardeur. L’œuvre ne cherche pas à trancher entre abstraction et figuration ; elle habite volontairement cet entre-deux. Elle invite à une lecture ouverte, où l’image se construit et se déconstruit simultanément, faisant du puzzle non plus un jeu de certitudes, mais un espace de doute et de projection.

Les Cannes, 2015, Matériaux divers (Bois, pièces de puzzle), 52.8 x 52.9 x 4.6 cm.

L'Oreille de Chaton, 2015, Matériaux divers (Bois, pièces de puzzle), 103 x 102.2 x 4.5 cm.

France

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Pesanteur, Paysage (26/08/2021), Installation, Matériaux divers (Bois, pièces de puzzle...), environ 97 x 72 x 172 cm.

 2026 par Laurent Fierdehaiche. Créé avec Wix.com 

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